Les noms en couleur sont des liens permettant d’accéder aux fiches individuelles des principaux protagonistes de ce tragique fait divers sur le site Généalogies Couzonnaises
Le 4 décembre 1866, la Veuve VIOLET est trouvée assassinée chez elle à COUZON.
La terreur du pays
Très vite après la découverte du meurtre de la Veuve VIOLET un suspect est désigné par les Couzonnais.
Il s’agit d’Ambroise BARREL, dit BARRET qui est revenu à COUZON depuis peu.
Il est né à COUZON, d’une famille bien connue dans le village où elle est installée depuis au moins 1725.
Mais Ambroise BARREL inquiète les villageois.
Avant son départ pour le service militaire, il gagnait sa vie comme journalier, tantôt chez les uns tantôt chez les autres. C’était ainsi que vivaient à cette époque un certain nombre de Couzonnais qui n’étaient pas propriétaires de biens.
Ce service militaire est-il un tournant dans la vie d’Ambroise ?
Toujours est-il qu’il est promu Caporal, puis cassé de son grade. Il effectue au total 414 jours de punition.
Il sera également condamné 2 fois par le Conseil du Guerre de TOULON à des peines de prison. Une première fois à 1 an de prison pour vol et une 2e fois à 3 mois de prison pour abandon de poste.
Rentré de son service militaire en 1864, il semble être devenu la terreur du pays. Depuis son retour à COUZON il vit, selon les Couzonnais, dans l’oisiveté et surtout de maraudages et de vols. En 1866, il a d’ailleurs été condamné 3 fois .
Selon l’acte d’accusation qui sera lu à son procès, « On le savait capable de tous les crimes. Les uns redoutaient ses vols, d’autres ses vengeances. On craignait qu’il ne mit le feu dans le village ».
Il était tellement craint qu’une collecte avait été réalisée pour l’éloigner de COUZON et l’envoyer à MARSEILLE où une place l’attendait.
Il avait d’ailleurs accepté … l’argent. Mais il était resté.
A nouveau condamné à de la prison à la suite d’un délit, il en sort le 28 novembre 1866, quelques jours à peine avant l’assassinat de la Veuve VIOLET.
Celle-ci le croisant alors dans la rue du Ruisseau aurait dit à une de ses voisines « En voilà un qui finira par faire un mauvais coup ». Remarque dramatiquement prémonitoire de sa future victime.
De plus Amboise BARREL connaissait Marie Anne THOMASSET, la Veuve VIOLET, il était parvenu l’été précédent, à s’introduire chez elle.
Lors de son procès, un témoin indique que BARREL lui aurait dit peu avant le crime « Il y a un bon coup à faire , la Crasseuse a de l’argent ».
Les soupçons se confirment
Au lendemain du crime l’enquête commence.
Ambroise BARREL a été vu le lundi 3 décembre à COUZON vers 9h du soir. Il y a également été vu le lendemain matin. Or aucun villageois ne lui a donné asile cette nuit-là.
Il avait tenté de se réfugier chez Mme SCELLE (ou SELLE) une cabaretière de COUZON qui loge sa mère. Mais il en avait été chassé. Il avait alors emporté une pleine bouteille de vin.
Le mardi matin on le voit à la gare et alors qu’il avait prétendu le jour précédent ne pas avoir d’argent, il va au restaurant de a Gare et paie sa consommation avec 2 pièces de vingt sous.
L’hôtelière remarque alors qu’il a les mains sales et les vêtement souillés de vin. Le bas de son pantalon est maculé de taches brunes.
Peu après, vers 11h, il part pour Saint-Rambert où il se rend chez son ancien patron, GUILLERMIN, tisseur. Celui-ci à son tour dira plus tard qu’il remarque l’état de son pantalon couvert de tâches rouges, pantalon qu’il avait pris propre la veille. Il passera la nuit chez son ancien patron qui lui offre l’hospitalité et BARREL offre à boire à son hôte lui disant « hier je n’avais pas d’argent , aujourd’hui j’en ai, j’ai une quinzaine de francs ». Ce faisant il montrait plusieurs pièces qu’il dit avoir gagnées en prison.
Visiblement l’état de ses vêtements semble préoccuper Ambroise BARREL : il reprend chez GUILLERMIN un vieux pantalon abîmé mais propre et le met par-dessus celui qui est souillé. Il quitte Saint-Rambert pour LYON et à peine arrivé à Vaise, il va chez un marchand d’habits et s’habille de neuf : nouveau pantalon, nouveau paletot et même une casquette. Il paie son dû au commerçant : 35 francs. Pour cela il lui remet notamment 3 pièces d’or : une de 20 fr et deux de 10 fr. Ce sont des pièces similaires que Marie DECRAND a remis à sa grand-mère lundi soir.
A partir de ce mercredi matin, on perd un peu sa trace.
On le retrouve jeudi après-midi à COUZON. Là c’est le Sieur GLATHOUD qui le voit et qui l’appelle. Lorsque BARREL, lui répond c’est pour lui dire « Ah ! c’est toi. la Crasseuse est donc morte ». Et il demande si les gendarmes sont à COUZON. GLATHOUD ayant une réponse dubitative, BARREL s’éloigne rapidement en direction opposée à celle du village.
Il se réfugie dans les bois.
L’arrestation
Ambroise BARREL avouera plus tard qu’il a passé 2 jours et 2 nuits dans les bois sans rien manger ni boire.
Samedi dans la soirée, pressé par la faim et la soif, il descend vers SAINT-DIDIER, entre dans un cabaret et commande à manger.
C’est là que la Gendarmerie, informée de sa présence arrive. Au départ BARREL nie son identité mais il est vite confondu par ses tatouages, un notamment, qui porte la mention « Mort aux Gendarmes ».
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