L’année 2026 sera une année d’élection municipale.
N’attendons pas l’effervescence habituelle de ces périodes et penchons-nous donc sur une histoire couzonnaise parfois oubliée.
C’était il y a 32 ans, il n’y a finalement que 5 mandats municipaux de cela.
Un conseil municipal, un maire et 5 adjoints au maire
Comme dans toute la France les élections municipales ont eu lieu à Couzon en 1989.
Pour mémoire, à cette époque-là, à Couzon les électeurs pouvaient panacher les listes, barrer des noms sur des bulletins et même en rajouter à la main.
Bref une autre époque, un autre mode de scrutin.
En 1989, les Couzonnais ont donc élu 19 conseillers municipaux qui ont eux-mêmes choisi le maire de la commune : Jean RAPHANEL. La liste complète des élus de 1989 est dans le relevé que nous avons effectué des municipalités de la commune depuis 1790, elle est accessible en cliquant ici.
Jean RAPHANEL est bien connu des Couzonnais puisqu’il a été élu conseiller municipal pour la première fois en 1965, il est devenu adjoint en 1975 puis maire en 1978.
En 1989, il entame donc son 3e mandat de maire de la commune.
Il sera secondé par 5 adjoints, dans l’ordre :
- Jean-Pierre DUPONT ;
- Serge MAGGIORI ;
- Josette PEYTEL ;
- Christiane BOUCHARD ;
- Michel JIBAULT.
Avril 1993, quand la municipalité implose
D’après la presse locale d’alors, tout commence en avril par la démission du 1er adjoint au maire, Jean-Pierre DUPONT.
Dans son édition du 18 avril 1993, LE PROGRES titre « Démissions au sein de la municipalité ».
Ainsi le 13 avril, la démission du 1er adjoint a été acceptée par le Prefet du Rhône.
Nous apprenons aussi que Mme BOUCHARD, 4e adjointe a également démissionné de ses fonctions d’adjointe. Toutefois elle reste conseillère municipale.
Et ce n’est là que le début de la liste.
Car ces démissions s’ajoutent à celles d’autres élus municipaux : Gérard FRANC, Jean-Louis LACOUR, Michel JIBAULT, Maurice BERGER, Clément BREST, Jean-Marie CAZZORLA et Jean-Paul GOUX.
Et si ces démissions sont confirmées celles d’autres élus suivront : Serge MAGGIORI et Christophe MAGGIORI.
On le comprend en lisant l’article du journal, certaines de ces démissions sont effectives, d’autres sont seulement annoncées. Celle de Serge MAGGIORI, Adjoint au maire a été transmise par courrier à la Préfecture le 20 avril 1993.
Le 25 avril, la presse locale fait les comptes : Sur 19 élus que compte alors le conseil municipal de Couzon, 10 ont démissionné. Parmi eux 4 des 5 adjoints au maire.
Plus tard la liste s’allongera encore. On retrouvera même « l’élue introuvable », dont personne n’a de nouvelles depuis 1989. Elle aussi démissionnera.
Début juin, 16 élus sur 19 ont démissionné. Le maire, Jean RAPHANEL n’est plus entouré que de 2 fidèles : Louis PETOT et Bruno DEL COCO.
Pourquoi tant de démissions ?
Comment est-il possible qu’une telle situation se produise dans notre commune ?
Laissons la parole aux principaux concernés.
Jean-Pierre DUPONT, 1er adjoint démissionnaire déclare « Dès le mois de décembre, j’avais prévenu tout le monde que je voulais démissionner, que cette situation ne pouvait plus durer tant le comportement du maire était inacceptable. (…) Il ne fait confiance à personne et décide de tout (…) tout est réglé au coup par coup et il est impossible de prévoir quoi que ce soit à long terme ».
Jean RAPHANEL quant à lui interrogé sur les motifs de la démission de son premier adjoint répond : « Il faudrait poser la question à l’intéressé lui-même mais il est en congés actuellement ». Lorsque le journaliste le relance en lui demandant s’il s’agit d’un problème sur un dossier en particulier, « Depuis le mois de décembre avec un climat déstabilisé sur l’ensemble des situations (…) je le répète, c’est une situation non spécifique et que l’on doit considérer dans sa globalité ».
Des élections anticipées et partielles
Dès lors que le tiers au moins des élus du conseil municipal a démissionné, il y a lieu d’organiser des élections anticipées. C’est le Préfet qui prend alors la main et décide des dates de cette élection.
Mais attention, il reste le Maire et 2 autres élus qui sont toujours en fonction.
L’élection sera certes anticipée, mais aussi partielle : on n’aura à élire que 16 conseillers municipaux.
De plus les futurs conseillers municipaux seront élus pour la durée restante du mandant, soit 2 ans.
Dans tous les cas il y aura une nouvelle élection générale en 1995.
Alors on imagine volontiers le trouble que cela peut entraîner chez certains Couzonnais.
La presse locale insiste « le maire reste maire » martèle LE PROGRES. Sur les bulletins il ne devra y avoir que 16 noms, un 17e et le bulletin sera considéré comme nul.
Les listes … il faut suivre
4 listes se présentent aux suffrages des Couzonnais.
Il y a d’abord la liste du maire qui reste maire. Il présente une « équipe nouvelle » nommée « Rassemblement pour Couzon ».
Ensuite il y a la liste menée par l’ancien 1er adjoint démissionnaire et certains de ses collègues. Ce sera « L’Union pour le Renouveau Couzonnais ». Sur cette liste on trouve un (presque) inconnu, nommé Michel SANGALLI, qui deviendra maire en 1995 pour 3 mandats jusqu’en 2014.
On continue avec la liste « Alternative pour Couzon ». Cette liste emmenée par Pierre Loïc CHANTEREAU et André CHARIGNON était déjà présente lors du scrutin de 1989. Elle se voit rejointe par Jacques FERRAND. Celui-ci avait été le 1er adjoint de Jean RAPHANEL lors du mandant précédent en 1983. Il avait démissionné en 1987 pour les mêmes raison que Jean-Pierre DUPONT.
Enfin on trouve la « Liste Progressiste des forces de gauche ». Elle sera conduite par Pierre FELICE et Didier BLANCHON. Il est de tradition à Couzon qu’une liste dite communiste soit présente. Sa présence n’a donc rien de surprenant d’autant que selon ses animateurs « la démocratie n’est pas la chose la plus pratiquée dans la commune ».
Un résultat sans appel
Les élections sont convoquées les 20 et 27 juin 1993.
Et au 2e tour, les résultats mesurés lors du 1er tour sont confirmés.
Comme le titre LE PROGRES dans son édition du 28 juin 1993 « Tous les sièges pour la liste du maire Jean RAPHANEL ».
Et l’on retrouvera certains des protagonistes de cet épisode de la vie municipale lors des élections municipales générales de 1995. Certains au contraire laisseront à d’autres les joutes des campagnes municipales et des conseils municipaux.



