• 1866, Meurtre à Couzon -1- la Veuve VIOLET a été assassinée

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Les noms en couleur sont des liens permettant d’accéder aux fiches individuelles des principaux protagonistes de ce tragique fait divers sur le site Généalogies Couzonnaises


Quand Marie découvre sa grand-mère

Marie DECRAND rend visite à sa grand-mère presque chaque jour, toujours vers 5 ou 6 heures du soir. Elle reste généralement avec elle quelques heures.

Lundi 3 décembre 1866 Marie rend visite à sa grand-mère, il est environ six heures du soir, elle en repartira vers huit heures et demie.

Lors de cette visite, elle remet à la Veuve VIOLET, de la part de son père Claude DECRAND, la somme de 87 francs. Cette somme est composée selon le témoignage que fera Marie de « deux pièces de 20 fr, 4 pièces de 10 fr, une pièce de 5 fr or, et d’autres menues pièces en argent parmi lesquelles une pièce italienne de 1 fr portant le mot Lira ». Ces pièces, on le verra seront importantes lors du procès de l’assassin.

Ce mardi 4 décembre 1866, vers 6 h du soir, Marie se rend chez sa grand-mère.

Elle trouve le portail de la maison fermé.

Elle voit que la fenêtre de la chambre de sa grand-mère à l’étage est entr’ouverte, que les armoires semblent en désordre.

Son inquiétude augmente.

Elle court à la maison de son père avec lequel elle habite et trouve une clef.

Elle revient, ouvre et trouve les portes de la maison, dans la cour, ouvertes. Une des vitres de la fenêtre de la cuisine est brisée.

Elle entre et voit au fond du vestibule, au pied de l’escalier, une masse sombre, inerte…

La « Crasseuse »

La Veuve VIOLET habite à COUZON dans une rue peu fréquentée dont les maisons sont séparées par de vastes jardins. Une rue que les Couzonnais appelle la rue du Ruisseau [1].

Pour accéder à sa maison on passe un portail puis un passage voûté et on arrive dans la cour où se trouve la porte d’entrée. Le rez de chaussée de la maison n’a aucune ouverture sur la rue, de sorte que seules les fenêtre de l’étage sont visibles.

Âgée de 70 ans, elle vit seule et selon la rumeur publique, « dans l’aisance ».

On la sait très économe, réalisant des économies qu’elle place parfois dans quelque affaire du pays. Bref à Couzon on la croit riche, on dit qu’elle a toujours de l’argent chez elle. On la connaît très, très, économe, aussi on la surnomme la « Crasseusse ».

Ce surnom ne doit rien à une quelconque question d’hygiène : elle est considérée d’une « avarice crasse ». C’est dans ce sens là que ce mot crasseux ou crasseuse est souvent employé en cette fin de XIXe siècle.

La famille de Veuve VIOLET

La Veuve VIOLET, de son nom de naissance, Marie Anne THOMASSET s’est mariée avec François VIOLET en 1817. Elle est veuve depuis maintenant plus de 50 ans. Elle avait alors 37 ans, son fils aîné Jean Antoine VIOLET 20 ans, et sa fille Benoîte VIOLET, la mère de Marie, avait 13 ans.

Benoite VIOLET quant à elle s’est mariée avec Claude DECRAND en 1844. Elle mourra en 1864, à l’âge de 43 ans. Le couple DECRAND a eu 2 enfants Marie que l’on a déjà vu née en 1846 et son petit frère François DECRAND.

En cette année 1866, on le voit, Marie n’est plus une enfant, elle a maintenant 20 ans, célibataire, elle habite avec son père Claude DECRAND.

La famille de la Veuve VIOLET est maintenant présentée.

Marie Anne THOMASSET, la Veuve VIOLET a été assassinée

Les voisins accourus très vite aux appels de Marie ne peuvent que constater que la vieille femme est morte. Les médecins appelés constatent que la mort a été causée par la strangulation et l’écrasement de la poitrine. Ne nous étendons pas plus sur les détails macabres rapportés lors du procès de l’assassin.

Compte tenu du fait que la victime était réputée riche et pour garder de l’argent chez elle, le mobile ne fait aucun doute : le vol.

Les témoins constatent que toutes les pièces de la maison ont été mises sens dessus-dessous.

Mais difficile de savoir exactement ce qui a été volé : la famille de Anne THOMASSET ignore où elle cache ses économies et leur montant.

Tout au plus peut-on constater que les 87 francs apportés par Marie la veille ne sont plus là. Il manque également une chaîne en or à 3 rangs reliés entre eux par un fermoir en forme de baril.

Cette chaîne Marie la connaît bien. En effet à l’origine elle comportait non pas 3 mais 4 rangs de maillons d’or. Et c’est lorsque Marie a fait sa communion que sa grand-mère lui a offert le 4e rang en cadeau.

On sait donc que la Veuve VIOLET a été tuée entre le 3 décembre à 20h30 et le 4 décembre vers 18h. On identifie au moins une partie des biens volés.

Reste une question d’importance : QUI ?

L’enquête commence et aboutira très vite on va le voir en cliquant sur le lien.


[1] En cette 2e moitié du XIXe siècle, peu de rues à Couzon ont un nom officiel. Il y a bien la Grand’rue, actuellement rue de la République, la Grande Charrière, actuelle rue Philibert Gaillard et quelques autres. Mais les noms officiels sont généralement des chemins vicinaux numérotés.

Avec quelques recherches, il a été possible de trouver 2  voies appelées couramment chemin du Ruisseau. La 1ère descendant de Rochon jusqu’au « Clos Goiran » (La Chanoine), la 2e venant de Saint-Romain et allant jusqu’au hameau du Port (vers l’actuelle rue Sulzbach).

A ce stade il n’est pas possible de localiser avec plus précision le lieu d’habitation de la Veuve VIOLET.

Et un grand merci à Luc BOLEVY pour ses lumières à ce sujet.

 

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