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Après le meurtre de la Veuve VIOLET le 4 décembre 1866, Ambroise BARREL suspecté d’être le criminel est arrêté à SAINT-DIDIER le 8 décembre 1866.
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Des preuves accablantes
Lors de son arrestation Ambroise BARREL est fouillé. On trouve sur lui une chaîne en or.
Une chaîne en or formée de 3 rangs reliés entre eux par un anneau en forme de baril. Une chaîne bien étonnamment semblable à celle décrite par Marie DECRAND lors de l’inventaire des biens volés à sa grand-mère, la Veuve VIOLET.
Il a également sur lui 63 francs et parmi les pièces qui composent cette somme, il y en a une de 1franc portant la mention Lira. Ces pièces italiennes sont peu courantes et l’on se souvient que Marie DECRAND avait également mentionné une telle pièce parmi celles qu’elle a remis à sa grand-mère le soir qui précéda le crime.
Un alibi qui ne tient pas
Il explique qu’il est parti de COUZON lundi avec l’idée de coucher à la Guillotière. N’y trouvant pas les personnes qu’il cherchait, il est ensuite allé à La Mulatière où il dit être arrivé entre 10 et 11h. Là il prétend être allé dans un cabaret, y avoir rencontré une femme avec laquelle il passe la nuit dans un hangar. Et profitant de son sommeil il lui aurait dérobé 100 francs.
Sauf qu’aucune femme ne signale s’être fait dérobé de l’argent cette nuit-là.
De plus lors d’un déplacement avec le Juge et les Gendarmes, BARREL voit que le cabaret où il aurait fait cette rencontre ferme à 9h. Il n’a donc pas pu y être vers 10 ou 11h.
Enfin à l’endroit qu’il indique pour y avoir passé la nuit aucun hangar n’existe.
Bref l’alibi de BARREL ne tient pas la route.
Des preuves et surtout des indices accablants
La conviction du Juge et des Gendarmes est faite : il ment.
Il était, lundi soir à COUZON, pénétrait dans la maison de la Veuve VIOLET en crochetant le portail, en brisant une vitre de la cuisine.
Ensuite il s’en prenait à sa malheureuse victime à laquelle il essayait d’arracher son secret : où est caché son argent. C’est sous la violence de cet « interrogaroire » que la Veuve VIOLET succombe à une strangulation doublée d’un écrasement de la poitrine.
Il sera démontré qu’il était à genoux sur sa poitrine, les mains l’étranglant.
Lorsque, le 9 décembre, des médecins examineront BARREL, il relèveront sur ses mains des griffures. Ces griffures correspondent à des marques retrouvées sur les ongles de la victime.
Le procès
Le procès d’Ambroise BARREL s’ouvre devant la Cour d’Assises du Rhône le 15 février 1867.
Il durera 2 jours entiers.
Le Progrès dans son édition du 16/02/1867 fait un compte-rendu détaillé de la première journée.
La Gazette des Tribunaux, dans son édition du 20/02/1867 rendra compte de manière également très détaillée des 2 journées.
L’acte d’accusation reprend les éléments décrits dans cette série d’article.
Plusieurs témoins sont appelés, notamment ceux qui ont été cités précédemment.
Le 17/02/1867 en fin de journée, le jury se retire pour délibérer.
Cette délibération ne durera que 45 mn.
A toutes les questions posées au jury, celui-ci répond par l’affirmative quant à la culpabilité de BARREL. La seule question à laquelle une réponse est négative est celle qui concerne les circonstances atténuantes qui lui sont refusées.
Ambroise BARREL est condamné à la peine capitale
C’est dans son édition du 19/03/1867, jour de son exécution que La Progrès rend compte, là aussi de manière très détaillée, des dernières heures du condamné.
C’est le jour-même, à 3 heures du matin, que le Directeur de la prison, accompagné des aumôniers, informe BARREL que son pourvoi en cassation et son recours en grâce sont rejetés.
« C’est donc pour ce matin ? » s’exclama BARREL
Les exécutions capitales à LYON
Jusqu’en 1900, les exécutions capitales, à LYON, comme partout en France, était publiques. On pourrait même dire qu’elles étaient un vrai spectacle. L’exécution d’Ambroise BARREL n’échappe pas à la règle.
On sait qu’à LYON la guillotine a longtemps œuvré sur la Place des Terreaux. On a pu lire que, pendant la période révolutionnaire, il y avait un ruisseau rouge du sang des condamnés qui s’écoulait vers la Saône.
Mais depuis 1815, le lieu des exécutions n’est plus la Place des Terreaux.
Lyon a construit ses prisons dans le quartier de Perrache. D’abord Saint-Joseph où a été incarcéré Ambroise BARREL et ensuite Saint-Paul qui en 1867 vient juste d’être achevée.
Et le lieu des exécutions s’est rapproché de ces nouvelles prisons.
En 1867 elles ont lieu à « l’Hippodrome » qui est alors situé sur le Cours Charlemagne.
Le plan ci-dessus montre les emplacements des prisons et des lieux d’exécution.
L’exécution d’Ambroise BARREL
« J’aurai du courage, je me repens de ce que j’ai fait, je saurai mourir », tels sont les mots qu’il aurait prononcé à l’adresse du Directeur des prisons de LYON et des aumôniers.
Il se rendit ensuite à la chapelle, puis pris un déjeuner, fuma un cigare.
A 5h45 nous dit-on, les exécuteurs le rejoignirent pour le « préparer » physiquement : ils lui lièrent bras et jambes, lui firent une toilette, coupèrent le col de sa chemise .
Peu avant 6h les portes de Saint-Joseph s’ouvrent pour laisser passer la voiture qui emmène le condamné. La progression est rendue lente par la foule qui se presse sur l’avenue.
Arrivé à l’échafaud, il ne restera que quelques minutes avant que le couperet tombe.
Le journaliste du Progrès termine son article « Les restes du supplicié ont été immédiatement dirigés vers l’Hotel Dieu, dans une voiture fermée, escortée par des gendarmes ».
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